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Lumineth
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Souveraineté numérique· 9 min

Souveraineté numérique : migrer vers des outils suisses et européens, par où commencer

Genève a publié sa stratégie de souveraineté numérique. Pour une entreprise, la même question se pose : de quels outils dépend-on, et par quoi les remplacer ? Un inventaire de 17 services et de leurs équivalents suisses et européens, avec une méthode pour migrer sans casser le travail.

Publié le 17 septembre 2026 par Lumineth

Le 7 juillet 2026, le canton de Genève a publié sa stratégie en matière de souveraineté numérique, portée par le Département des institutions et du numérique. Elle s’adresse à l’administration cantonale, mais les questions qu’elle pose valent pour toute entreprise : de quels fournisseurs dépendons-nous, que se passe-t-il si l’un d’eux change ses conditions, et où sont réellement nos données ?

Cette série propose une réponse pratique. J’ai dressé l’inventaire de 17 services couramment utilisés dans une PME romande, de WhatsApp à AWS en passant par ChatGPT, et pour chacun les équivalents suisses ou européens disponibles en septembre 2026. Cet article présente la méthode et la vue d’ensemble ; les six articles suivants détaillent chaque famille d’outils.

Ce que dit la stratégie genevoise

Le texte repose sur quatre principes : adapter les exigences à la sensibilité des données, conserver un contrôle réel sur les systèmes utilisés, privilégier des solutions évolutives, et assurer la durabilité technique, économique et environnementale. Concrètement, le canton veut mieux évaluer les risques technologiques, éviter les dépendances irréversibles, limiter le nombre de prestataires critiques et favoriser des solutions diversifiées. La formule retenue : le service public doit « rester libre de ses choix numériques et en assumer les conséquences dans la durée ». Le document est en consultation auprès des communes et des établissements publics autonomes.

Rien de tout cela n’est propre au secteur public. Une clinique, un cabinet, une entreprise de services ont les mêmes dépendances, souvent sans les avoir listées.

Souverain ne veut pas dire suisse à tout prix

Dans l’inventaire, chaque solution porte une origine. Suisse : entreprise et hébergement suisses, la priorité. UE : entreprise d’un pays de l’Union européenne. Europe hors UE : Royaume-Uni et Norvège, qui bénéficient d’une décision d’adéquation RGPD. International (open source) : éditeur hors Europe, mais logiciel libre que l’on peut héberger soi-même en Europe. Le classement est un outil de décision, pas un dogme : un logiciel libre d’origine américaine hébergé à Zurich est souvent plus souverain qu’un service suisse fermé dont on ne peut pas exporter les données.

L’inventaire : 17 services, 59 équivalents

Service utiliséÉquivalents recensésDont suissesDétail
WhatsApp42Messagerie
Gmail42E-mail
Teams / Google Meet21Visioconférence
Microsoft Office42Bureautique
Google Drive / OneDrive32Stockage
AWS62Cloud
AWS Bedrock (API d’IA)61IA
ChatGPT / Claude / Gemini42IA
Modèles de langage21IA
Génération d’images31IA
LangGraph30Outils techniques
LangSmith10Outils techniques
Passerelle multi-LLM10Outils techniques
Pinecone20Outils techniques
Google Chrome40Navigateur
Google Search51Recherche
Canva40Design

Deux constats. D’abord, la Suisse est bien placée sur la messagerie, l’e-mail, la bureautique, le stockage et le cloud, avec Infomaniak, Proton, Threema, Exoscale et, pour les modèles de langage, Apertus de l’EPFL et de l’ETH Zurich. Ensuite, sur les outils techniques d’IA (orchestration, bases vectorielles, passerelles), il n’existe pas d’équivalent suisse : la souveraineté passe par des logiciels libres, souvent allemands ou néerlandais, hébergés soi-même.

La méthode : par sensibilité, par étapes

  • Inventorier. Lister les services utilisés, qui les utilise, quelles données y passent. Une feuille suffit ; c’est celle qui a servi ici.
  • Classer par sensibilité. Données de patients ou de clients, contrats, finances d’un côté ; brouillons, communication publique, veille de l’autre. Le premier principe genevois : les exigences suivent la sensibilité.
  • Choisir une solution par service. Une seule, pour rester lisible, avec son origine, son modèle de tarif et la possibilité d’exporter.
  • Migrer par étapes. Commencer par ce qui est simple et réversible (navigateur, recherche, bureautique), finir par ce qui structure le travail (e-mail, cloud, outils d’IA en production).
  • Exploiter et mesurer. Une migration se juge six mois après : coûts, incidents, adoption par les équipes.

Ce que cela change pour l’IA

C’est le point le plus mouvant. Les modèles les plus performants restent américains, mais les API européennes et suisses (Infomaniak AI Tools, Mistral, Scaleway, OVHcloud, IONOS) servent des modèles ouverts de bonne qualité, et une passerelle comme LiteLLM permet de basculer d’un fournisseur à l’autre sans réécrire l’application. Dans les solutions que je mets en place, c’est cette réversibilité que je vise : le modèle est un composant remplaçable, pas une fondation.

La série

Je mets en place ce type de migration avec vos équipes : inventaire, choix par sensibilité des données, bascule par étapes, exploitation. Un premier échange suffit pour savoir par où commencer.

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FAQ

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la souveraineté numérique pour une entreprise ?

Savoir de quels fournisseurs on dépend, pouvoir en changer sans perdre ses données, et héberger les données sensibles sous une juridiction choisie. Ce n’est pas une liste d’outils interdits, c’est une maîtrise des dépendances.

Faut-il tout remplacer par des outils suisses ?

Non. On classe les services par sensibilité des données et on migre d’abord ce qui est simple et ce qui est critique. Un logiciel libre hébergé en Europe est souvent plus souverain qu’un service suisse fermé.

Que dit la stratégie du canton de Genève ?

Publiée le 7 juillet 2026, elle fixe quatre principes : exigences adaptées à la sensibilité des données, contrôle réel sur les systèmes, solutions évolutives, durabilité. Elle vise à éviter les dépendances irréversibles et à diversifier les prestataires.

Par quoi commencer ?

Par l’inventaire : quels services, quels utilisateurs, quelles données. Puis par les migrations simples et réversibles (navigateur, moteur de recherche, bureautique) avant l’e-mail, le cloud et l’IA.

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